1ère République
1. Contexte précédant cet épisode
1.1 1ère République, déclaration à l’Assemblée
La nouvelle Assemblée, la Convention nationale composée de 749 députés, fraîchement élus dans l’urgence, a remplacé l’Assemblée Législative, pourtant élue pour deux ans, à partir de septembre 1791, conformément à la Constitution de 1791.
La Convention nationale, imposée par la force d’un coup d’État, commencé le 10 août 1792, par l’attaque meurtrière du Château des Tuileries et l’arrestation du roi, se réunit immédiatement en septembre 1792.
Son but premier est d’imposer le changement de régime, par l’abolition de la monarchie et la déclaration de la 1ère République, alors que la Constitution de 1791 n’a pas été légalement supprimée.
Cette nouvelle Assemblée est, au départ, du 21 septembre 1792 au 2 juin 1793, légèrement dominée par les députés « Girondins » (160 députés Girondins, 200 députés Montagnards, 389 députés du Marais). Les députés « Girondins » sont majoritairement jeunes et issus de la bourgeoisie provinciale, principalement des ports côtiers.
À l’époque de cette Révolution, l’appellation « Girondins » n’existait pas, les députés se regroupaient sous les noms des meneurs comme « Brissotins » pour Brissot ou « Rolandins » pour Roland, etc. L’appellation « Girondins » fut utilisée pour la première fois au XIXe siècle par Lamartine.
C’est sous leur direction que la Convention nationale proclama l’abolition de la monarchie et la mise en place de la 1ère République. Les députés, membres de la Convention nationale, se nomment les « Conventionnels ».
Les députés « Montagnards » (appelés ainsi parce qu’ils siégeaient sur les bancs situés les plus en hauteur dans l’Assemblée) sont les plus radicaux, avec les députés de Paris. Ils sont menés par les plus virulents, comme Maximilien de Robespierre, Danton, Marat ou Saint-Just. Ces députés, alliés aux « sans-culottes » de la Commune de Paris, sont les plus demandeurs de la mise en place de mesures d’exception, pour « sauver la patrie en danger ».
Les députés du « Marais » (ou la « Plaine »), bien que les plus nombreux, sont majoritairement au centre. Ils soutiennent tour à tour les députés « Girondins » ou les « Montagnards ». Au début, ils auront tendance à soutenir de préférence les « Brissotins ». Par la suite, la « Terreur » s’imposant progressivement à Paris, ils rejoindront, par peur, les extrémistes « Montagnards » ou s’abstiendront de choisir, laissant la violence se répandre dans tout le pays.
Les « Girondins », comme les « Montagnards » sont membres du Club de Jacobins et après le coup d’État du 10 août 1792, ceux-ci vont former dans ce club un pouvoir parallèle à la Convention nationale.
Toutes les lois sont élaborées, discutées et écrites au sein de ce club, avant d’être « proposées » à la Convention nationale. Maximilien de Robespierre y imposera ses décisions et les opposants seront progressivement écartés.
Sur la fin 1792, le Club des Cordeliers passe sous le contrôle des extrémistes de gauche appelés « exagérés » avec à leur tête, Jacques-René Hébert, chantre de la révolution populaire dans son journal « Le Père Duchesne » et Chaumette, porte-parole des sectionnaires des gauches parisiennes.
1.2 Vers le procès de Louis XVI
La découverte de « l’armoire de fer » (sorte de coffre-fort), camouflée dans les appartements du roi, au château des Tuileries, sera le déclencheur (prétexte) du procès de Louis XVI, souhaité par les membres du Club des Jacobins.
Pour créer l’irréparable, les « Montagnards » réclament la mort de Louis XVI. Les « Girondins » tentèrent, au contraire, de le sauver, en demandant que la sentence soit soumise à la ratification du peuple. Cette demande est refusée par la Convention nationale et la peine de mort sans condition est prononcée par 361 voix pour, 360 voix contre et 4 abstentions.
1.3 À l’extérieur du pays
À l’extérieur du pays, la guerre continue et les armées françaises occupent Nice et la Savoie, la rive gauche du Rhin et les Pays-Bas autrichiens (actuelle Belgique et le Luxembourg).
Après l’invasion des bouches de l’Escaut par les troupes françaises, l’Angleterre entre dans la coalition anti-France et rejoint l’Autriche-Hongrie et la Prusse. Elle sera suivie de l’Espagne et de la Hollande.
2. 1ère République, conséquences et suite des événements
2.1 Vers la Terreur
Les défaites militaires de l’armée de la République, dans les Pays-Bas autrichiens, obligent à la retraite et à l’évacuation de la Belgique. D’un autre côté, les troupes françaises dans Mayence capitulent, l’Alsace est envahie. Les soldats anglais occupent Toulon, avec l’accord des habitants, ceux-ci, étaient effrayés par la « Terreur » républicaine parisienne.
Avec les contraintes liées à la guerre et à la famine grandissante dans tout le pays, la colère générale gronde de plus en plus. Du côté des finances, l’Assignat, papier-monnaie créé par l’Assemblée Constituante, a perdu la moitié de sa valeur.
Les tensions de plus en plus vives dans tout le pays entraînent à Paris des situations de conflits directs, entre les membres de la Commune de Paris, les membres des clubs et les députés de la Convention nationale.
Pour éviter de se laisser dépasser à nouveau par la Commune de Paris, comme en août 1792, les « Montagnards » imposent des mesures d’exception, en mettant en place divers Comités ou Tribunaux, pour imposer leurs volontés.
Le comité de salut public, qui a tout pouvoir, sur toutes les institutions civiles ou militaires, va imposer par la force ses décisions pour « sauver » la République. On trouvera successivement à sa tête des députés implacables, comme Danton, Saint-Just, Maximilien de Robespierre, Couthon, ou Carnot.
Les « émigrés » et « rebelles » contrôlés et jugés par le Tribunal criminel extraordinaire de Paris, ou les Comités de surveillance en province, sont passibles de la peine de mort.
2.2 Début des guerres en Vendée
Des conflits naissent dès le printemps 1793, entre certains départements de province et le nouveau pouvoir des sections révolutionnaires de la gauche parisienne, à travers ces différents tribunaux ou comités.
En Vendée et en Bretagne, la révolte tourne carrément à la guerre civile, après la levée d’une conscription de 300 000 hommes par la Convention nationale pour répondre à la guerre contre les coalisés. Il y aura de nombreuses batailles (une trentaine au total), qui feront plusieurs dizaines de milliers de morts en Vendée et dans la vallée de la Loire entre « Chouans » et « milices » de la République, pendant plus d’un an, de mars 1793 à mars 1794.
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