
Louis XIV
1. Contexte initial
À la mort de son père Louis XIII, le 14 mai 1643, le nouveau roi Louis XIV n’a que 5 ans. Quatre jours après le décès de Louis XIII, le Parlement de Paris annule les dispositions testamentaires du défunt, qui limitaient les pouvoirs de la régente Anne d’Autriche, et lui restitue l’administration complète des affaires du royaume.
En accédant au pouvoir, cette femme inexpérimentée, tenue à l’écart des affaires du royaume par son mari Louis XIII, se métamorphosa subitement, déterminée à défendre, au début, les droits de son fils Louis XIV. Elle choisit, à la surprise générale, comme principal ministre, le cardinal Mazarin, fidèle serviteur du feu cardinal Richelieu.
Mazarin, né Giulio Mazarini, en 1602, celui-ci était, avant son arrivée en France, l’intendant du connétable de Naples. Après des études chez les Jésuites et un doctorat en droit, il avait exercé comme capitaine dans l’armée pontificale avant de rejoindre les services de la diplomatie du Vatican. Fasciné par sa brillante intelligence et l’étendue de ses talents, Richelieu, après l’avoir fait naturaliser, l’attacha à son service. Louis XIII, après le décès de Richelieu, le fit membre du Conseil et le choisit pour être le parrain de son fils aîné, le futur Louis XIV.
La guerre de trente ans avec le Saint Empire, commencée sous le règne de Louis XIII, était en phase finale avec la victoire des troupes françaises et suédoises. Cette guerre se terminera par le traité de Westphalie en 1648.
La reine et régente Anne d’Autriche, assistée du cardinal Mazarin, put se consacrer pleinement à l’éducation du jeune roi Louis XIV et, sur le plan intérieur, poursuivre la rigueur fiscale, à cause des guerres en cours. Les dépenses militaires étaient passées de 80 à 120 millions de livres.
1.1 La Fronde parlementaire
Cependant, cette politique fiscale heurtait la bourgeoisie parisienne et les titulaires d’offices (magistrats, avocats, etc…), qui refusaient de partager l’effort de guerre. Ces derniers étaient soutenus par les Parlements, à qui il a fallu imposer l’enregistrement des édits. Ce fut le début de la « Fronde des Parlementaires » (magistrats, avocats).
En janvier 1648, pour trouver des finances absolument indispensables (les troupes n’étaient plus payées), la décision de vendre une douzaine de charges de maître des requêtes supplémentaires mit le feu aux poudres. Les magistrats multiplièrent les mesures dilatoires.
Les juges royaux, tous gens propriétaires de leur office, faisaient un coup d’État au nom d’une légitimité, qu’ils n’avaient reçue de personne et encore moins du roi. Pour la régente Anne d’Autriche, cette sédition était « une espèce de république, dans la monarchie ». Une tentative de gouvernement des juges, qui s’instaurait déjà en ce siècle.
Pendant cet épisode parisien, sur le front, les troupes françaises étaient en train de gagner la guerre, face au Saint Empire. Les négociations en Westphalie, de cette victoire, étaient en cours. Après l’éclatante victoire de Lens, en août 1648, la régente et Mazarin firent arrêter les magistrats instigateurs de la fronde.
Après plusieurs rebondissements, le roi Louis XIV, alors âgé de 10 ans, la famille royale et le cardinal s’enfuirent du Palais-Royal pour le château de Saint-Germain-en-Laye. De retour, après leurs victoires à Lens et à Rocroi, le Grand Condé, à la tête des troupes royales, fit le siège de la capitale.
Alarmés et très inquiets, les modérés du Parlement de Paris négocièrent. La paix de Rueil-Malmaison fut signée en mars 1649.
1.2 La Fronde des Princes
Brillant, mais orgueilleux et intraitable, le Grand Condé, prince du sang, s’estimant mal récompensé d’avoir sauvé la monarchie chancelante, se rebella après avoir insulté Mazarin et blessé la reine mère Anne d’Autriche, dans son honneur. Son emprisonnement en janvier 1650, en compagnie de son frère cadet Conti et de sa sœur, Madame de Longueville, ranima la guerre civile en province.
Les familles de la grande noblesse entraînèrent avec elles des centaines de gentilshommes qui leur étaient dévoués. Ce qui obligea Mazarin à mener des expéditions militaires en provinces, pour reconquérir les places mutinées (la Normandie, la Lorraine, le Berry, le Poitou, l’Anjou, la Bourgogne).
Gaston d’Orléans (oncle de Louis XIV et frère cadet de Louis XIII), allié au coadjuteur de Paris, Jean-François Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, intervint pour exiger la libération des princes et le départ de Mazarin. Ils firent subir au jeune roi Louis XIV une humiliation que celui-ci n’oubliera jamais.
Prisonniers, lui et sa mère, des frondeurs, ceux-ci firent défiler toute la nuit des gardes suisses devant sa chambre, afin de vérifier qu’ils étaient bien présents et toujours en train de dormir. De son côté, le Parlement de Paris bannit solennellement Mazarin du royaume.
1.2.1 Une Fronde dans la Fronde
Une agitation plus pernicieuse encore que celle décrite ci-dessus, se déroulait au même moment à Paris et en province. Derrière les marquis de Sourdis et comte de Montrésor des assemblées houleuses de gentilshommes se revendiquant du mouvement des « bailliages unis », réclamaient la tenue des États généraux. Il s’agissait de revenir sur les acquis de la monarchie capétienne et d’instaurer un système politique décentralisé (soit un retour à un système féodal où chaque seigneur est seul maître chez lui).
1.3 Retour du roi à Paris
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