Réarmement officiel des Allemands
1. Le réarmement officiel de l’Allemagne
Après la mort d’Hindenburg en août 1934, ancien maréchal et deuxième président de la République de Weimar, toutes les actions d’Hitler, alors chancelier depuis janvier 1933, vont s’accélérer en vue de transformer profondément l’Allemagne. Conformément au traité de Versailles, en janvier 1935, la population allemande de Sarre s’est prononcée majoritairement pour son rattachement avec l’Allemagne. Hitler en profita pour voter une loi portant le service militaire obligatoire à deux ans.
Dans la foulée, Hitler reconstitua officiellement une administration structurée de sa nouvelle armée. Il fit créer une force militaire aérienne, la Luftwaffe, une flotte de guerre, la Kriegs-marine, plus importante que celle de la Première Guerre mondiale, et une nouvelle Académie de guerre, la Kriegsakademie.
Dans les faits, cette armée existait déjà en grande partie, mais Hitler, voulant tester la réaction des vainqueurs de la Première Guerre mondiale, officialisa son existence, permettant ainsi son expansion. Il n’y eut aucune réaction importante de la part des gouvernements français et britannique qui aurait pu entraver son projet. Ceci l’encouragea à poursuivre sa démarche d’instaurer une dictature en Allemagne et d’accélérer la préparation de la Deuxième Guerre mondiale.
La seule réaction, très minorée et chargée d’ambiguïté, fut la conférence de Stresa, dans le nord de l’Italie, en avril 1935, à laquelle participaient les représentants des gouvernements français, britannique et italiens. À cette conférence, provoquée et organisée par Mussolini, le gouvernement français était représenté par Pierre-Étienne Flandin, président du Conseil, et Pierre Laval, le ministre des Affaires étrangères. Le gouvernement britannique était représenté par le Premier ministre Ramsay MacDonald, le secrétaire d’État John Simon et le ministre des Affaires étrangères, Robert Vansittart. Aucune véritable décision forte et partagée n’est sortie de cette rencontre de deux jours.
Hitler, souhaitant tromper les vainqueurs de la Première Guerre mondiale, va, le 21 mai 1935, officiellement remplacer la Reichswehr, nom de l’ancienne armée défaite en 1918, par la Wehrmacht. Cette dernière, voulant dire en français, « force de défense », fut entièrement restructurée, mieux armée et équipée, en vue de lui confier des missions offensives. Bénéficiant de l’expérience de la Première Guerre mondiale, cette armée fut très largement « motorisée » et composée de très nombreux chars fortement blindés.
Les effectifs de cette nouvelle armée furent, officiellement, portés à 36 divisions incluant plus de 550 000 hommes. À ces effectifs, il fallait ajouter les très nombreux groupes paramilitaires entraînés à la future guerre, du parti unique, le parti national-socialiste, les SA, les SS et les Jeunesses hitlériennes.
Dans cette armée, composée de soldats et d’officiers, l’organisation ainsi que son fonctionnement furent stricts, basés sur l’endoctrinement de chaque membre vis-à-vis du chef unique, le Führer. Tous ses membres durent prêter serment au Führer officiellement et en public.
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