La Première Guerre mondiale
1. Les premières actions
Alors que depuis le 28 juillet 1914, les armées allemandes étaient installées aux frontières de la Belgique et du Luxembourg, les premières incursions allemandes, au début de la Première Guerre mondiale, furent effectuées le 1er août 1914 au Luxembourg, avant la déclaration officielle de guerre.
Ce petit pays, qui n’avait aucune force militaire, ne disposait que de 125 gendarmes et environ 170 volontaires. Les Allemands, parfaitement préparés, utilisèrent le chemin de fer pour déverser leurs troupes directement dans les gares luxembourgeoises.
Le 2 août 1914, les Allemands avaient le contrôle total de toutes les voies ferrées. Le plan d’invasion « Schlieffen » prévoyait la maîtrise des voies ferrées au Luxembourg et en Belgique pour envahir rapidement la France, en transportant les troupes.
2. En Belgique
Le roi des Belges, Albert 1er, ayant refusé l’exigence allemande de laisser passer librement les armées du Kaiser Guillaume II, avait demandé à ses troupes d’être prêtes à défendre le pays, sinon au moins les places fortes de Liège, Namur et Anvers. Après la mobilisation, les forces belges auraient représenté environ 230 000 hommes.
Dans une répartition bousculée par l’attaque des Allemands dès le 4 août 1914, les forces belges (140 000 hommes seulement) furent affectées dans les forts des places fortes d’Anvers, Liège, Namur, Mons et Gand. Quelques bataillons furent aussi affectés à la défense de Bruxelles.
Les Allemands, devant le refus de les laisser traverser librement la Belgique, avaient décidé de « punir » cruellement les Belges, y compris la population civile pourtant innocente. De nombreuses exactions furent volontairement commises par les troupes allemandes. Dans toute la région de Wallonie, les Allemands ont fusillé plus de 6 500 civils et détruit plus de 15 000 maisons qui pourtant, ne représentaient aucun risque militaire pour eux.
La première bataille menée par les armées allemandes en Belgique fut celle contre la place forte de Liège, le 5 août 1914. Cette bataille, bien que perdue d’avance, car les Allemands étaient informés par la société Krupp de l’état exact des fortifications et de l’artillerie belge, a permis de retarder l’avancée vers la France des armées du Kaiser Guillaume II. Liège, malgré les efforts très courageux des soldats belges, succomba le 17 août 1914.
Les Anglais, contraints par l’invasion allemande de la Belgique, mais surtout par crainte de l’occupation du port d’Anvers par les Allemands, finirent par débarquer à Boulogne, le 12 août 1914, un corps expéditionnaire (British expeditionary Force) de 70 000 hommes, commandés par le général John French.
Ces troupes, qui représentaient la moitié de l’armée terrestre anglaise en 1914, furent dirigées immédiatement vers le cœur de la Belgique. Malheureusement, ils furent seulement arrivés à Maubeuge lorsque les Belges se replièrent sur Anvers. Les Anglais mobilisèrent par la suite une armée, en provenance de leurs colonies.
Les Français, suite à l’invasion de la Belgique, avaient fait progresser au nord, une partie de sa Ve armée et plus particulièrement vers Philippeville en Belgique, le 15 août 1914, pour aider le corps expéditionnaire britannique à se positionner et à ralentir les avant-gardes de la IIIe armée allemande, sur Dinant.
Les forces belges, submergées par les Allemands, trop éloignées des éléments britanniques et français, finirent par appliquer une retraite vers Anvers, le 18 août 1914. Libérant ainsi le passage des trois armées allemandes vers la France. Seules les places fortes conservaient leurs défenses par des détachements belges.
Dès le 19 août 1914, les trois armées allemandes poursuivirent leur marche en direction de la France. La Ie armée allemande passa par Louvain puis Bruxelles et arriva à Lille, le 20 août 1914. La IIe armée allemande se dirigea vers Mons puis Valenciennes. La IIIe armée allemande, légèrement en retrait des deux autres armées, se dirigea vers Dinant puis Chimay.
La guerre n’était pourtant pas finie en Belgique, alors que les forces belges se retranchaient à Anvers, les Français de la Ve armée essayèrent de ralentir l’avancée allemande sur le territoire belge, notamment à Charleroi. Les Anglais, débarqués à Ostende, Calais et Boulogne firent de même à Mons.
2.1 La bataille de Charleroi
La Ve armée française, commandée par le général Lanrezac, avait fait mouvement sur le territoire belge et le 21 août 1914, elle était positionnée au sud de la place forte de Namur entre Charleroi et Philippeville.
Le général Lanrezac, avant de lancer une offensive, attendait d’une part, que les Anglais soient enfin arrivés, sur sa gauche, au sud de Mons et d’autre part, que la IVe armée française, alors en mouvement vers la Belgique, soit positionnée sur sa droite, aux environs de Givet.
La bataille de Charleroi entre la Ve armée française et la IIe armée allemande se déroula les 21, 22 et 23 août 1914. La place forte belge de Namur fut anéantie, sous les bombardements allemands le 23 août 1914, laissant libre d’accès au champ droit de l’armée française. La Ve armée française dut se replier de l’autre côté de la frontière, entre Avesnes au sud de Maubeuge et Rocroi.
2.2 La bataille de Mons
Les forces anglaises, débarquées précipitamment à Ostende, Calais ou Boulogne, n’étaient évidemment pas suffisamment nombreuses pour faire face soit à la Ière armée allemande, soit, à la IIe armée allemande. De plus, le général John French, qui commandait ce corps expéditionnaire, n’avait reçu aucune instruction en vue de coordonner ses actions militaires avec celles du haut commandement militaire français.
Ce qui occasionna dès le 10 août 1914, des faiblesses ou des erreurs dans les opérations de défense ou d’offensive par les Anglais, face aux Allemands. Le 22 août 1914, le général John French et son détachement étaient partiellement regroupés au sud de Mons en Belgique, soit à la gauche de la Ve armée française.
Le manque de coordination avec les Français, volontairement assumé par le général French, le mit souvent en fâcheuse position, y compris au moment de la bataille de Mons, le 23 août 1914. Face aux Allemands, les Anglais furent rapidement submergés et, sur les ordres du général French, ils se replièrent le 24 août 1914, sur Valenciennes et Maubeuge.
N’ayant aucune information sur la situation des Français et craignant d’être complètement encerclés, les Anglais s’éloignant du front, continuèrent à se replier plus encore vers le sud, laissant seule la garnison française de la place forte de Maubeuge, face aux Allemands. Maubeuge, totalement encerclée par les Allemands le 26 août 1914, fut contrainte de capituler le 7 septembre 1914.
3. En France
En France, où prédominait le pacifisme dans la « haute société bourgeoise » très majoritairement de gauche, le réveil fut tragique, après la déclaration de guerre du Kaiser Guillaume II.
Le 4 août 1914, bien tardivement, le président de la République Raymond Poincaré appela à « l’union sacrée » et mit de côté les divergences et les rancœurs politiques, pour faire front à la violente et injuste agression allemande.
Dès le 7 août 1914, la France, n’ayant pas les moyens de faire une percée vers l’Allemagne, dans une position volontairement défensive, va subir les tentatives d’invasion sur son front Est et surtout les batailles de mouvement sur son front Ouest, jusqu’à la mer du Nord.
La mobilisation générale des conscriptions n’étant achevée que le 17 août 1914, les armées françaises réparties aux frontières n’étaient pas encore complètes, alors que les Allemands franchissaient déjà le Luxembourg et la Belgique.
Au début du mois d’août 1914, les Français alignaient sur les frontières avec l’Allemagne, le Luxembourg et la Belgique, 5 armées (800 000 hommes d’active) contre 7 pour les Allemands.
Après la mobilisation d‘août 1914, la France pouvait compter sur un total de 1 200 000 hommes. Chaque année suivante jusqu’en 1919, grâce au dispositif de la conscription, inventé sous la Révolution, l’état-major des armées françaises incorpora 350 000 hommes supplémentaires.
******************************************
Pour lire la suite, commandez en ligne ou en librairie l’e-book ou le livre broché « L’Histoire de France expliquée » de l’auteur Christian Lacour de Marange