6 février 1934 ou le traumatisme des gauches
1 Contexte
Pour essayer de mieux comprendre les événements qui se sont produits en 1934, il faut au préalable rappeler ici quelques informations importantes du contexte de l’époque, souvent omises à dessein par certains auteurs contemporains du 21e siècle.
Les tensions sociales étaient extrêmement vives dans tous les pays européens, en partie à cause du traité de Versailles. Après la tentative, plus ou moins avortée, de Lénine d’instaurer une révolution « bolchévique » dans tous les pays européens et les conséquences de la crise financière de 1929, les différents gouvernements de ces pays souffraient de crédibilité et de fiabilité dues essentiellement à leur incompétence, leur impéritie et même de la corruption, fréquente, au plus haut niveau de chaque État. Ceci, grâce aux publications et journaux locaux, était vérifiable en Allemagne, en Hongrie, en Italie et même en France. Les tensions et les manifestations antiparlementaires se firent de plus en plus fréquentes dans ces pays depuis 1924.
Dans ces pays, aux formes institutionnelles dissemblables à l’issue de la Première Guerre mondiale, les tensions socio-économiques et antiparlementaires débouchèrent sur des crises de régime dont les issues furent différentes en Allemagne, en Italie, en Espagne ou en France. La France, où les politiciens des gouvernements étaient largement empêtrés dans des contradictions « dérisoires » dues à leur incompétence généralisée et la philosophie profonde et naïve du pacifisme, largement partagée, va constater, et « subir » impuissante, les grands changements inévitables dans les trois pays frontaliers.
Les profonds changements de régime, notamment en Allemagne, dus en grande partie à l’impuissance et l’inefficacité de la Société des Nations (SDN) devenue l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1946, annonçaient clairement la prochaine guerre mondiale. C’était parfaitement évident pour tous et pourtant en France, les politiciens des gouvernements continuaient à ignorer les risques futurs pour le pays, malgré les nombreuses manifestations, de gauche comme de droite, réclamant une réaction efficace et indispensable. Pis encore, les gouvernements, hélas tous de gauche et totalement coupables par leur impéritie, incriminèrent les quelques centaines de manifestants de droite en 1934 d’être responsables de tous les malheurs du moment.
La notion « d’extrême droite » souvent utilisée par idéologie, mais à tort, par différents auteurs ou « historiens » au 21e siècle ne se justifiait pas réellement avant la Deuxième Guerre mondiale. L’appartenance à un groupe ou un Parti politique de droite avant 1940, n’a pas la même signification qu’après la guerre. De plus, juger les événements de cette époque avec les « yeux » du 21e siècle ne peut qu’altérer les causes et fausser la réalité des conséquences.
En effet, par exemple, on peut souvent lire des textes du 21e siècle expliquant qu’en Allemagne, entre 1920 et 1933, le Parti politique Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei (NSDAP), dirigé par Hitler et issu principalement de la masse ouvrière allemande, sous le nom de « parti national socialiste » ou avec l’abréviation « parti nazi », était un parti « d’extrême droite ». Il semble « compliqué » de comprendre qu’un parti politique composé essentiellement de « socialistes », même si ceux-ci sont « nationalistes », puisse être considéré avant 1933 « d’extrême droite ». Il y a là, hors de toute idéologie, comme une forme d’oxymore qui mériterait des explications, sauf à considérer que la classification « d’extrême droite » ou de « socialiste » n’ait pas la même signification en Allemagne.
L’une des composantes essentielles de cette crise profonde et commune à ces pays européens de 1920 à 1939, indépendamment du risque « bolchévique », était le problème économique, grave et soutenu, sans pouvoir être résorbé à cause de l’incompétence des politiciens dans les différents gouvernements. Dans certains pays, tels que la France, les gouvernements, tous de gauche, sourds aux revendications justifiées des anciens combattants, se succédaient entre 1924 et 1934 à raison de trois à cinq par an, sans toutefois être capables de mettre en place des solutions viables et efficaces, aggravant continuellement de fait la situation économique et sociale, à la limite de l’implosion.
Les élections législatives, seules ressources pouvant éventuellement modifier la composition de l’Assemblée et donc du gouvernement, ne se déroulaient que tous les quatre ans. De plus, en France, après le tremblement de terre des élections législatives donnant un accès pourtant très « limité » en 1919 (279 députés sur 613) au « bloc national » dit de « droite » et la réaction exagérée de « survie » des gauches via le « cartel des gauches » avec ses accords inconvenants, les gouvernements français qui « tremblaient » au moindre signe d’une « droite » engendreront en leur sein la présence d’un état neuropsychiatrique permanent. Ce symptôme perdurera, au sein des gauches, tout au long des 20e et 21e siècles.
En France, la raison avait définitivement perdu sa place dans l’esprit de ceux qui étaient devenus des « disciples » d’une secte apeurée, au point d’en perdre le peu d’intelligence pourtant indispensable pour redresser l’économie et le pays. Confrontées à l’évidente incompétence générale, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, dévoilée par les nombreuses « affaires » dans les journaux de l’époque, les gauches au pouvoir, en plus de « l’esprit de déni », faute d’être sérieusement capables de se justifier, finiront par utiliser en permanence la méthode « bolchévique » de disqualification de l’adversaire ; « Qui n’est pas avec moi est contre moi ; qui me menace est un fasciste ». Bref, si vous n’êtes pas de gauche, vous êtes obligatoirement un fasciste. Cette évolution de la vision de la démocratie ne peut qu’aboutir à la fin de la République ou à une dictature travestie. N’en déplaise aux naïfs, au 21e siècle, les dictatures sont souvent issues de la gauche.
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