La Deuxième Guerre mondiale
1. De profondes cicatrices et une leçon essentielle vite oubliée
La « parenthèse » du gouvernement de Vichy, à juste titre, vivement débattue et critiquée, laissera pour longtemps un véritable traumatisme dans l’esprit des contemporains. Pourtant, hélas, comme le précise Jean-Christian Petitfils, dans son livre « Histoire de la France » de 2018, la leçon de la Deuxième Guerre mondiale, incluant la défaite de mai 1940 et les quatre gouvernements de Vichy, sera très vite bousculée et oubliée après 1970.
Face aux nombreuses fractures et divisions qu’a engendré la « parenthèse » du gouvernement de Vichy, Jean-Christian Petitfils, spécialiste reconnu du roman national, cite dans son livre de 2018 : « Oui, il y a bien une identité profonde de la France qui, sans doute s’est forgée au fil des siècles, s’est enrichie d’apports successifs, au besoin par des ruptures et des révolutions, mais qui toujours va dans le même sens, celui d’un État souverain et unitaire, rassemblé autour de puissantes valeurs communes ».
En effet, Jean-Christian Petitfils cite l’engagement officiel du CNR pour la période post-1945 : « Le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) se donna pour principale mission de restaurer les piliers renversés de l’identité française » et il ajoute : « Défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ».
Une promesse bien vite oubliée quand on voit ce qu’est devenue la France au 21e siècle, son indépendance politique et économique bafouée, presque entièrement soumise délibérément à une Commission européenne non élue.
On peut raisonnablement souligner ici la trahison de nombreux politiciens de la Ve République, vis-à-vis des Français et du Conseil national de la Résistance, alors piloté par le général De Gaulle.
Étonnamment, certains d’entre eux se proclament pourtant, à tort, du « gaullisme ». Comme dans la « parenthèse » du régime de Vichy, au 21e siècle, certains politiciens français sont toujours prêts à toutes les compromissions, hélas, souvent au détriment de la France et des Français.
D’autant plus quand, impuissants, les Français constatent fréquemment depuis 2012, que cette Commission européenne est en grande partie aux ordres de l’Allemagne, l’ennemi de la France durant les deux Guerres Mondiales.
Comment peut-on ne pas oublier les exactions des gouvernements de Vichy et se jeter dans les bras de l’Allemagne en omettant aussi rapidement ce que certains Allemands ont commis en France, durant ces deux guerres, y compris vis-à-vis des Juifs ?
2. Les principaux conflits hors de France
Comme précisé plus avant, l’agression de la Pologne puis de la France par les Allemands a été précédée de la tentative d’invasion de la Chine et de la Corée par les Japonais depuis le 7 juillet 1937. Celle-ci sera suivie, toujours par le Japon, de l’Indochine, de la Birmanie et des Philippines. L’empire du Japon, volontairement expansionniste depuis 1937, avait devancé l’Allemagne et l’Italie sur ce chemin périlleux.
Bien que ces trois pays expansionnistes, le Japon, l’Allemagne et l’Italie, avaient choisi délibérément d’élargir leurs territoires par le biais d’invasions agressives, chacun d’eux avait pourtant des objectifs, des moyens, une histoire et des motivations différentes. Ces trois pays furent alliés durant cette Deuxième Guerre mondiale, qu’ils perdront pourtant, dans la douleur.
Pendant cette guerre, les Allemands et les Japonais, plus que les Italiens, utilisèrent, généralement par la contrainte, des millions de travailleurs, issus des différents pays conquis, pour obtenir des matières premières et entretenir ou développer des ouvrages.
Ceux-ci ont permis, par exemple, au prix de plusieurs centaines de milliers de vies, de construire des voies de chemin de fer, des routes, des ponts, des usines, des aéroports, des camps de prisonniers, des armes et des munitions nécessaires à leurs armées ou à leurs industries d’armement.
Malgré la forte démographie en 1940, de l’Allemagne (79 millions d’habitants) et du Japon (72 millions d’habitants), ces pays alignant chacun, environ 7 à 10 millions de soldats, ne pouvaient superviser et gérer seuls convenablement les immenses étendues géographiques conquises.
Les Japonais, plus encore que les Allemands, avaient conquis des zones géographiques vingt fois supérieures à celles de leur propre pays. Les nazis, mais aussi de moindre mesure, les fascistes italiens, étaient confrontés à devoir gérer simultanément plusieurs fronts, en plus des immenses zones géographiques conquises et plusieurs millions de prisonniers.
Aucun de ces trois pays n’avait sérieusement anticipé ces contraintes, ni même celles liées à la logistique d’approvisionnement pour leurs armées, en nourriture ou en munitions sur ces immenses superficies. Les Allemands commettront, en plus, l’erreur d’essayer d’envahir la Russie juste à l’entrée de l’hiver russe, avec des températures très basses et l’absence quasi totale de routes ou de chemins de fer.
L’hiver russe, bien plus que les armées russes, avait décimé la Grande armée de Napoléon Bonaparte fin 1812. La Russie, après l’attaque des nazis de 1941, va bénéficier d’importantes aides financières et en matériels en provenance des États-Unis.
Au début de la Deuxième Guerre mondiale, la Russie comptait plus de 200 millions d’habitants. Aussi Staline, bien que mauvais stratège militaire, n’hésita pas à sacrifier plusieurs millions de soldats russes pour repousser les Allemands.
Les États-Unis entrèrent, contraints, dans la Deuxième Guerre mondiale immédiatement après l’agression, en décembre 1941, de la base navale de Pearl Harbor par les Japonais. En effet, malgré des pertes humaines américaines importantes lors de quelques attaques sous-marines allemandes, les États-Unis, avant cette date, refusaient toute participation à cette guerre qui « ne les concernait pas ».
Comme durant la Première Guerre mondiale, les États-Unis ne désiraient pas intervenir dans ce conflit « européen ». Lors de la Première Guerre mondiale, les États-Unis, contraints, sont intervenus tardivement, uniquement à partir de la fin de l’année 1917.
On notera que durant cette nouvelle guerre, à l’instar de la Première Guerre mondiale, les pays qui disposaient des colonies, tels que la France, le Royaume-Uni, l’Italie, la Belgique ou l’Allemagne, vont les solliciter à nouveau pour gonfler leurs armées, engendrant une implication mondiale et de très nombreuses victimes.
La résolution 1514 du 14 décembre 1960 à l’ONU va définitivement bousculer ces possibilités. En effet, l’ONU (Organisation des Nations Unies), convoquée à la demande de Nikita Khrouchtchev, secrétaire général du Parti communiste russe et président de l’URSS, va ratifier par 89 pays le début de la décolonisation à l’échelle de la planète.
Évidemment, comme on pouvait l’imaginer avant le vote, neuf pays « détenteurs » encore de colonies en 1960, se sont abstenus, mais contraints de respecter cette résolution. Ce fut le cas de la France, du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Belgique, de l’Espagne, des États-Unis, de la République Dominicaine et de l’Union d’Afrique du Sud.
En principe, après cette résolution, tous les pays devaient libérer leurs colonies en vue d’une indépendance. Dans les faits, quelques années après cette date, les différentes colonies furent indépendantes et donc libres de leurs choix en cas de nouveau conflit.
Il faut noter ici qu’au 21e siècle, les mêmes qui réclamaient l’indépendance des colonies en 1960, vont défendre au Danemark, pourtant signataire de la résolution 1514 de l’ONU, le droit de conserver sa colonie du Groenland face à un risque de partage de ce territoire avec d’autres nations. De fait, le Danemark est, au 21e siècle, en total infraction avec la résolution de l’ONU en prétendant détenir encore des droits coloniaux sur ce territoire.
3. Les Japonais
En effet, pour le Japon par exemple, les Français, mais aussi les Britanniques et les États-Unis, avaient, quelques décennies auparavant, contribué à moderniser ses armées, ses armements et sa flotte de guerre, libérant ainsi, au sein des états-majors japonais, des ambitions expansionnistes au détriment de leurs voisins moins bien équipés.
Sans vouloir ici revisiter l’historiographie du Japon, mais pour mieux comprendre la situation des Japonais avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale, il faut rappeler quelques informations fondamentales. En effet, le Japon, comme les principaux pays d’Europe occidentale, depuis plusieurs siècles, avait progressivement bâti son régime de société sur un système féodal.
Après de nombreuses guerres entre les différents seigneurs, le régime entre les deux guerres mondiales était structuré sur une hiérarchie de classes très cloisonnée, avec à la tête des guerriers et de grands seigneurs appelés « Shogun » dirigés par un « empereur ». Le reste de la société était principalement composée de paysans, de pêcheurs, d’artisans et de marchands.
Ces derniers n’avaient aucune autonomie et dépendaient totalement du bon vouloir d’une hiérarchie féodale. Les soldats n’avaient aucune autre possibilité que d’obéir aux ordres des officiers, appartenant, eux, le plus souvent, à la noblesse nipponne.
En 1940, pour le Japon, après avoir longuement réorganisé et formé ses armées, c’était, le moment opportun d’élargir leurs territoires et d’accaparer les ressources en matières premières et en pétrole de l’Asie et du Sud-Est asiatique.
En 1940, le seul point commun entre l’Allemagne et le Japon était la très forte démographie permettant à ces pays de disposer d’armées très fournies. La France, par comparaison, ne comptait que 39 millions d’habitants en 1940.
D’autre part, le Japon profita de sa toute nouvelle puissance militaire pour se « venger » des Britanniques et des Américains en détruisant les possessions de ces pays en Asie et dans le Pacifique.
Les Japonais furent responsables de très nombreuses exactions sur la population civile en Corée et en Chine, avec par exemple, 20 millions de civils chinois tués, majoritairement par les armées japonaises, durant cette Deuxième Guerre mondiale.
Hélas pour les États-Unis, mais aussi, en final pour les Japonais, ces derniers attaquèrent sournoisement, le 7 décembre 1941, la base militaire américaine de Pearl Harbor, au milieu du Pacifique. Cette attaque va entraîner, malgré eux, les États-Unis dans ce conflit de la Deuxième Guerre mondiale, notamment face aux Japonais, dans tout l’océan Pacifique.
Cette guerre s’éternisait et fit de très nombreuses victimes de part et d’autre. Ce fut la raison principale qui finalement incita les États-Unis à utiliser en août 1945, par deux fois, la bombe atomique directement sur le Japon, pour le contraindre à stopper ce conflit le 14 août 1945 et enfin, à capituler le 2 septembre 1945.
4. Les Italiens
Mussolini, en 1940, était pour les Italiens fascistes l’équivalent du chancelier Hitler pour les nazis. Pourtant il y avait, dès les débuts, une grande différence entre eux. En effet, bien que tous socialistes à l’origine, les nazis et plus particulièrement les officiers de la Wehrmacht se préparaient très sérieusement, avec une grande motivation, à la Deuxième Guerre mondiale depuis 1920. Ce qui n’était pas le cas des armées fascistes.
En effet, ces dernières, qui virent leurs rangs véritablement s’étoffer seulement après 1930, ne dévoilèrent pas les mêmes motivations et efficacités. Les cadres militaires allemands s’étaient forgés depuis 1920 deux raisons principales : se venger des vainqueurs de 1918 et du traité de Versailles qu’ils considéraient profondément injuste.
Ces paramètres, dès le début des conflits, firent la différence d’efficacité et de performance entre ces armées allemandes et italiennes face à leurs ennemis. À l’inverse des Italiens, les armées allemandes remportèrent de nombreuses victoires. Les déboires des armées italiennes s’accumulèrent sur tous les fronts de chaque côté de la Méditerranée.
Cependant, étonnamment, Mussolini voulait vraiment y croire fin septembre 1940 en prenant l’initiative d’ouvrir une guerre « parallèle » menée indépendamment de l’Allemagne sur les deux rives de la Méditerranée. Les armées fascistes envahirent l’Égypte depuis la Cyrénaïque. En dépit d’une imposante supériorité en effectif, les Italiens furent rapidement balayés en janvier 1941, par les armées britanniques présentes en Égypte depuis plusieurs décennies.
Repoussées en Libye, les armées italiennes furent vaincues en février 1941 à Benghazi. De même en Éthiopie, les Britanniques capturèrent la capitale éthiopienne Addis Abeba le 6 avril 1941 et réinstallèrent l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié, chassé par les fascistes italiens en 1936.
Les très mauvais résultats des armées italiennes en Égypte et en Libye obligèrent les Allemands à intervenir en Afrique du Nord pour les sauver du désastre. Hitler dépêcha en Afrique dès février 1941, une force expéditionnaire, équipée de nombreux blindés, dirigée par un général très expérimenté dans la guerre de chars, le général Erwin Rommel. Celui-ci sera finalement vaincu fin novembre 1941.
On notera ici qu’à nouveau la Société des Nations (SDN), future Organisation des Nations Unies (ONU) à partir de 1946, fut encore une fois incapable d’empêcher la guerre entre l’Italie et l’Éthiopie déclenchée le 23 octobre 1935.
Le 28 octobre 1940, la tentative d’invasion de la Grèce via l’Albanie par les armées italiennes s’est terminée par une débâcle des fascistes. Les défenseurs grecques repoussèrent aisément les Italiens jusqu’à 80 km à l’intérieur des frontières albanaises.
L’apport de 21 divisions italiennes en renfort ne permit pas de renverser la situation désastreuse pour les fascistes. Ce conflit se déroula principalement dans les montagnes, entraînant de lourdes pertes pour les deux camps (155 000 Italiens contre 60 000 Grecs).
Toutes ces défaites italiennes mirent en évidence, aux yeux du monde, l’incapacité de Mussolini à construire un véritable outil de guerre dans lequel, aux désespoirs du Duce, les armées italiennes de 1940 n’avaient rien de commun avec les armées romaines deux mille ans auparavant.
Pour Mussolini, l’histoire s’arrêta une première fois en juillet 1943. En effet, après l’invasion des armées alliées de la Sicile, le roi d’Italie, Victor-Emmanuel III fit arrêter Mussolini, ce qui engendra un début de guerre civile dans le pays. L’Italie signa sa demande d’armistice le 3 septembre 1943.
Le 28 avril 1945, Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci furent capturés et exécutés par des « partisans » italiens.
5. Les Allemands
Après avoir envahi la France en juin 1940, Hitler était décidé à lancer un plan de conquête du Royaume-Uni en août 1940. Dès le début de ce plan d’invasion, les Allemands avaient bombardé différents ports et aérodromes situés sur la Manche.
Contrairement à ce que les Allemands avaient imaginé, l’aviation britannique se défendit avec beaucoup d’efficacité, remettant en cause le débarquement prévu. L’aviation allemande, avec de très nombreux appareils détruits durant la bataille d’Angleterre, fit renoncer Hitler à ce plan d’invasion.
Pour Hitler et les armées allemandes, la situation en juillet 1941 n’est pas aussi simple que l’état-major l’avait prévu. En effet, si la France, la Belgique, le Luxembourg, le Danemark et les Pays-Bas ont été rapidement vaincus, les combats ont coûté cher aux armées allemandes. Les pertes allemandes étaient estimées à 30 000 morts, 117 000 blessés, 1 236 avions et 746 chars détruits.
De plus, une partie importante des armées britanniques a pu rejoindre le Royaume-Uni à partir de Dunkerque, envisageant une poursuite des combats avec les Anglais. L’aviation britannique restait intacte et équipée de nombreuses escadrilles performantes. Cependant, Hitler n’avait pas envisagé de se contenter des territoires conquis. Il avait déjà planifié secrètement l’invasion de la Russie via l’opération « Barba-rossa » avant l’hiver russe de 1941.
De fait, les éléments détruits vont faire défaut à la future campagne de Russie et de plus, les armées allemandes seront contraintes de renforcer les côtes françaises et de conserver sur place une partie importante de l’aviation allemande pour faire face à « la bataille d’Angleterre ». Celle-ci coûta notamment aux Allemands plus de 600 avions bombardiers abattus avant juin 1941.
Hitler et son état-major avaient dès le départ commis de nombreuses erreurs concernant l’opération « Baba-rossa ». En effet, ils avaient, d’une part, sous-estimé les forces et la réactivité russe. D’autre part, ils avaient surestimé leurs propres capacités à rejoindre aisément Moscou et à vaincre rapidement les armées russes.
Les Allemands, comme Napoléon Bonaparte, furent confrontés aux impératifs de temps et de climat très rude en hiver, sans approvisionnement aisé en vivres et en munitions. Les fantassins devaient parcourir à pied plusieurs milliers de km sans routes véritablement praticables et sans voie de chemin de fer.
La gestion du ravitaillement d’une armée de plus de trois millions d’hommes, de 600 000 véhicules et 625 000 chevaux avait été très nettement sous-évaluée. De même, les stocks en munitions et en carburants étaient insuffisants dès juillet 1941 pour un front de plus de 2 000 km, ce qui obligea certaines unités allemandes à foncer vers les puits de pétrole ukrainiens.
Les Allemands n’avaient pas imaginé qu’au fur et à mesure de leurs avancées, le nombre de prisonniers à gérer et à nourrir serait aussi important. Après Minsk le 28 juin 1941, où les Allemands avaient fait 434 000 prisonniers, le 25 septembre 1941, à Riga, les Allemands firent encore 665 000 prisonniers. Ceux-ci s’ajoutèrent aux 2 millions de prisonniers français, belges, hollandais et britanniques.
L’opération « Barba-rossa » débuta le 22 juin 1941. Les Allemands avaient amassé à la frontière des forces militaires, certes importantes, mais qui s’avérèrent, en final, insuffisantes au vu des grandes dimensions géographiques à conquérir et des moyens de défense des Russes. Ces derniers avaient positionné 186 divisions, soit environ 3 millions d’hommes, 19 800 pièces d’artillerie, 11 000 chars et 9 500 avions de combat.
Mais, hélas pour les Russes, toutes ces forces étaient étirées sur un front de plus de 1 600 km, entraînant des problèmes majeurs de communication et d’approvisionnement en munitions et en carburant. Les Allemands enregistrèrent de nombreux succès dès les premiers résultats de l’affrontement. L’aviation soviétique, plutôt obsolète, subira de grandes pertes dès les premiers jours avec 1 200 appareils détruits.
Les Russes n’avaient pas de véritables stratèges militaires au sein des armées soviétiques. Aussi, souvent par la force, les cadres de ces armées lancèrent des contre-attaques immédiates et mal organisées. À la fin de septembre 1941, les Russes avaient déjà perdu plus de 2 millions d’hommes.
Les Allemands, le 3 octobre 1941, alors qu’ils avaient pourtant subi de nombreuses défections à cause de l’état des routes, lancèrent l’offensive sur Moscou. L’hiver russe venait de commencer et les fantassins ainsi qu’une partie importante des véhicules n’étaient déjà plus opérationnels. Les températures descendant jusqu’à -35 degrés empêchaient les véhicules et les armes de fonctionner.
Les Allemands furent contraints, fin novembre 1941, d’interrompre leur offensive sur Moscou, donnant aux Russes l’occasion de construire des lignes défensives et même de reconquérir quelques territoires. Le front russo-allemand se stabilisera jusqu’en mars 1942.
En manque criant de carburant pour les blindés et les véhicules, Hitler, en septembre 1942, insista pour que des armées allemandes avancent vers les champs pétrolifères du Caucase, principale source de pétrole pour les Russes. D’autre part, probablement à cause de sa haine pour Staline, il ordonna la prise de la ville de Stalingrad. La tentative d’invasion de cette ville fut un échec cuisant pour les Allemands et leurs alliés italiens, roumains et hongrois.
Pour l’Allemagne, à partir de novembre 1942, la « guerre éclair » était périmée et ce fut le début de sa fin. L’année 1943 fut, pour les armées allemandes sur le front Est mais aussi en Afrique et en Italie, une suite de défaites lourde de conséquences pour le régime nazi et Hitler.
La reconquête des territoires à l’Est et à l’Ouest de l’Allemagne se fit progressivement et principalement de 1944 à avril 1945. Les nombreuses batailles composées d’offensives et de contre-offensives en mouvement sur ces deux fronts firent de très nombreuses victimes. Les armées alliées parvinrent finalement à récupérer les territoires occupés par les Allemands et enfin envahir entièrement l’Allemagne.
Acculés et quasiment entièrement détruites, les armées allemandes se rendaient en grand nombre partout, autant du côté russe que du côté allié. Hitler, dans son bunker de Berlin, se suicida, en compagnie de sa jeune femme Eva Braun, le 30 avril 1945.
6. Les Soviétiques
Pour mieux comprendre l’implication des « Russes » dans ce conflit, il faut revenir quelques décennies en arrière. En effet, après la révolution bolchévique de février 1917, certains pays européens furent bousculés dans leurs profondeurs administratives et de régime.
La révolution bolchévique avait fait de nombreux émules dans plus de 15 pays aux frontières de la Russie. Si cette révolution a pu être contenue, non sans mal, en Allemagne, en Italie et même en France, Lénine et Trotski, principaux personnages à l’origine de cette révolution, avaient espéré que celle-ci se diffuse dans l’ensemble des pays européens.
Forts de leur succès dans les pays baltes, ils purent conforter l’adhésion de ces pays via un traité signé le 30 décembre 1922. Ceux-ci rejoignirent la Russie au sein d’un État fédéral et communiste appelé l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques), dirigé par un comité avec à sa tête Lénine puis, à sa mort, Staline.
Les pays de l’Europe occidentale ont échappé de justesse à cette adhésion, mais il subsistait au sein de chacun d’eux un Parti communiste, plus ou moins aux ordres de Moscou.
Aussi, lorsque Hitler lança son opération « Barba-rossa », ses armées devaient, avant d’atteindre la Russie et Moscou, traverser une partie importante de ces pays de l’URSS et notamment, l’Ukraine, la Biélorussie, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie et la Moldavie. Les autres pays ayant adhéré à l’URSS étaient situés soit au Sud, soit à l’Est de la Russie.
Dans la philosophie bolchévique vue par Lénine, confortée et même amplifiée par Staline, les membres dirigeants de ces pays devaient exclure et éliminer définitivement toutes les populations aisées et les intellectuels, y compris au sein des armées.
Ce qui a fortement pénalisé, par exemple, les actions de l’Armée rouge, exempte d’encadrement et d’officiers compétents, dès 1920 face aux Polonais. De fait, la direction du comité central et ses cadres avaient un niveau de culture, voire d’intelligence, extrêmement bas. Ce qui justifia les critiques de l’état-major allemand vis-à-vis des soldats et des officiers soviétiques.
Étonnamment, ce fut devant le risque majeur de l’invasion de deux villes symboliques situées aux extrémités du front que les armées communistes défendirent, hélas, aux prix de très nombreuses vies humaines. Ces villes étaient au Nord, Leningrad et au Sud, Stalingrad. Les armées allemandes rencontrèrent de grandes difficultés à essayer de vaincre les Russes face à ces villes.
Les Russes perdirent plus d’un million de soldats et un million de civils lors de ces batailles qui durèrent jusqu’en février 1943, mais stoppèrent définitivement la progression des armées allemandes. À partir de cette période où les armées communistes avaient réussi à bousculer puis à vaincre les armées alliées des Allemands, notamment à la bataille de Stalingrad, les Russes vont répéter cette tactique qui a fait ses preuves sur le champ de bataille. Pour les Russes, le maillon faible du front était de toute évidence les alliés (Italiens, Hongrois et Roumains) des Allemands
Commencée le 5 juillet 1943, la grande offensive russe sur Koursk, à la frontière de l’ex-Ukraine, va sonner le glas de l’invasion allemande sur l’URSS. Cette bataille se terminera le 23 août 1943 par la victoire des Russes sur les Allemands et ses alliés.
Le 23 juin 1944, les Russes, grâce au soutien financier et en matériels des États-Unis, lancèrent une immense offensive en Biélorussie, en Pologne et dans les États baltes pour chasser définitivement les armées allemandes vers l’Ouest.
Durant l’été 1944, les armées russes repoussèrent les armées allemandes, fortement dégradées et épuisées, vers l’Allemagne. Au fur et à mesure de leurs progressions, de nombreux « partisans » communistes se réveillèrent dans certains pays libérés tels que la Yougoslavie, la Grèce et l’Italie. Ceux-ci, espérant ainsi profiter de la situation pour y imposer des régimes communistes, déclenchèrent des guerres civiles.
La conférence de Yalta, en février 1945, fixa les accords entre les alliés et les Russes concernant l’invasion de l’Allemagne. Il a été décidé que chacun de son côté avancerait jusqu’à la limite de Berlin, mais seuls les Russes auraient la lourde responsabilité d’envahir cette ville. L’assaut final des Russes sur Berlin débuta le 16 avril 1945.
7. Les Américains
Les États-Unis entrèrent contraints dans cette Deuxième Guerre mondiale, près de deux années après les pays de l’Europe occidentale. Pour rappel, lors de la Première Guerre mondiale, ils étaient intervenus très tardivement et notamment à quelques mois seulement avant l’armistice de 1918.
Hélas pour les Américains, ils furent provoqués par la force et contraints d’intervenir suite à l’attaque surprise des Japonais sur la base navale américaine de Pearl Harbor le 7 décembre 1941.
De ce fait, les États-Unis furent face à deux fronts distants l’un de l’autre de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Le premier situé dans tout l’océan Pacifique et le second en Europe occidentale. Le président américain Franklin Delano Roosevelt dû gérer l’entrée en guerre des États-Unis et les priorités d’intervention de leurs armées. Immédiatement après l’attaque sournoise des Japonais sur Pearl Harbor, la marine américaine fut contrainte de réagir dans les jours suivants car menacée de destruction dans tout l’océan Pacifique par la marine japonaise.
Les armées de la marine japonaise, ayant investi de nombreuses îles du Pacifique, en plus de leur campagne de prise du contrôle de certaines zones géographiques de l’Asie et du Sud-Est asiatique, recherchaient la destruction systématique de tous les navires américains. Le principal danger dans ces circonstances pour les États-Unis serait que sans navire militaire encore opérationnel dans le Pacifique pour les protéger, les côtes de la Californie devenaient accessibles aux Japonais.
Fort heureusement pour les États-Unis, les amiraux responsables de la flotte de guerre américaine du Pacifique avaient, dans le doute, la veille de l’attaque japonaise, déplacé en haute mer les porte-avions, les sauvant ainsi d’une potentielle destruction. Grâce à cette précaution, la flotte américaine put tenir tête à celle des Japonais et ainsi continuer la reconquête des îles, une à une, jusqu’à pouvoir s’approcher du Japon. La marine américaine parviendra à détruire finalement quatre des six porte-avions japonais le 2 juin 1942, affaiblissant considérablement la puissance japonaise dans l’océan Pacifique.
En Europe, les Américains préparaient, avec leurs alliés Britanniques et Français, la reconquête de la France, de l’Italie, de la Belgique et des Pays-Bas avant d’envisager l’invasion de l’Allemagne. Ces préparatifs nécessitèrent beaucoup de temps, d’anticipation, d’organisation, de matériels et de nombreuses troupes formées et équipées.
Le général américain Eisenhower, chef suprême des forces alliées en Europe, parfois en désaccord avec des généraux britanniques tels que Montgomery sur des priorités, choisit la création de trois fronts distincts pour reconquérir l’Europe. Après avoir repris les quelques territoires d’Afrique du Nord tels que le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Égypte, la priorité de ces armées était de reprendre en premier la Sicile et l’Italie puis la France, au Nord par la Normandie et au Sud par la Provence.
En France, le 6 juin 1944, le débarquement des alliés (Britanniques, Canadiens, Australiens, Américains, Français) sur les plages et falaises normandes fut un véritable exploit face aux Allemands bien implantés dans de nombreux abris lourdement fortifiés. Le 28 août 1944, le débarquement des armées américaines et françaises en Provence, aidées des résistants français, permit de libérer tous les territoires de la Méditerranée à Strasbourg.
Après avoir libéré la France, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, avec l’aide de ses alliés Britanniques, Français, Canadiens, Australiens et Polonais, les armées américaines entamèrent l’invasion de l’Allemagne, précédée de très nombreux bombardements jour et nuit sur toutes les villes industrielles allemandes.
Contrairement à la Première Guerre mondiale, la population en Allemagne connut cette fois les affres de la guerre qu’elle avait commencée. Hélas, une grande partie des nazis qui ont échappé aux diverses batailles durant cette guerre poursuivront une vie tranquille en Allemagne car la « dénazification » d’après-guerre fut vite abandonnée par le gouvernement allemand.
8. Les Britanniques
Lorsque j’évoque ici les Britanniques, il faut entendre en fait, les armées britanniques mais aussi les armées de leurs nombreuses colonies telles que le Canada, l’Australie, l’Inde, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, etc. Dans la majorité de ces colonies, les populations concernées, refusant souvent la conscription et donc la mobilisation des jeunes par le Royaume-Uni, se révoltèrent et profitèrent des circonstances pour essayer d’imposer leur indépendance.
Après la Deuxième Guerre mondiale, pour le Royaume-Uni et la France, les différentes colonies de ces pays obtinrent progressivement leur indépendance. De fait, pour ces populations, l’histoire ne fut pas un long fleuve tranquille sans le soutien économique et parfois militaire de leur tutelle, car toutes les institutions étaient à construire.
Les armées Britanniques étaient présentes en Égypte et en Libye pour contrer, au départ, les armées italiennes puis celles des Allemands dirigées par le général Rommel. Une armée issue de l’Inde s’illustra essentiellement en Birmanie, à Hong Kong et à Singapour face aux Japonais.
Les armées « Britanniques », après la « bataille d’Angleterre » en 1940, sont aussi intervenues durant la Deuxième Guerre mondiale, lors de la reconquête de la France, de la Belgique, des Pays-Bas et même de l’Italie. Elles prirent enfin part, avec leurs alliés, à l’invasion de l’Allemagne après 1944.
9. Les Français
En ce qui concerne les Français, il faut ici distinguer les Français dits de la « France libre » de ceux proches du régime de Vichy. De nombreux militaires français avaient pu rejoindre le Royaume-Uni après l’opération de Dunkerque, au même titre que les armées britanniques. La majorité d’entre eux participa à la reconquête de l’Afrique du Nord, de l‘Italie et de la France. Ces armées mues par le serment de Koufra, participèrent aussi à l’invasion de l’Allemagne après 1944. Ces armées furent rejointes après 1942, par celles des colonies françaises telles que le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et le Sénégal.
10. Les efforts de guerre et le bilan humain
Comme on a pu le constater, les efforts de guerre par la France furent, hélas, très nettement insuffisants depuis 1920 et même après 1933, alors que celle-ci arrivait avec certitude à grands pas, depuis que Hitler fut nommé Chancelier de l’Allemagne.
À l’inverse, dès 1936, la Roumanie et la Tchécoslovaquie accroissent sensiblement leurs dépenses militaires. De même, dès 1938, l’Allemagne consacra plus de 17 % de son PIB en dépenses militaires. L’Allemagne augmenta, après 1943, sensiblement ses efforts pour atteindre 70 % de son PIB à la guerre.
Dès l’été 1937, le Japon investira 70 % de son PIB aux dépenses de ses armées. L’URSS, à la même époque, y consacra plus de 60 % de son PIB. En 1943, le Royaume-Uni investira 55 % de son PIB. Les États-Unis, en 1945, dépensèrent pour l’effort de guerre plus de 45 % de leur PIB. L’Italie n’accorda « seulement » au pic de son engagement en 1942, « que » 22 % de son PIB.
Le bilan humain de cette Deuxième Guerre mondiale fut effroyable avec plus de 67 millions de morts, dont plus de 42 millions de civils, principalement en URSS (15 millions), en Chine (20 millions), en Allemagne (4 millions), en Pologne (6 millions) et en Indonésie (4 millions).
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